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Sénatoriales : pourquoi Bernard Allard-Latour (PRG) est candidat

Le PRG a officialisé la candidature aux sénatoriales de Bernard Allard-Latour et Laurence Fine, ce vendredi à Chorges.

Le PRG a officialisé la candidature aux sénatoriales de Bernard Allard-Latour et Laurence Fine, ce vendredi à Chorges.

Bernard Allard-Latour (PRG), maire de Remollon et conseiller général de Chorges, mais également premier vice-président de l’association départementale des maires et délégué départemental de l’Anem (association nationale des élus de la montagne), a officiellement confirmé sa candidature aux élections sénatoriales, ce vendredi matin à Chorges. Sa suppléante sera Laurence Fine, qui a été maire de Villar-Saint-Pancrace pendant 13 ans jusqu’aux dernières élections municipales. M. Allard-Latour situe clairement sa candidature en opposition aux projets actuels du gouvernement, qu’il s’agisse de la réforme territoriale ou des coupes budgétaires dans les dotations aux collectivités locales. « Que ce soit l’UMP ou le PS, ces partis sont discrédités », estime le conseiller général de Chorges. « J’ai répondu d’autant plus volontiers à l’appel de Joël Giraud qu’il a pris des positions courageuses à l’Assemblée nationale. » Bernard Allard-Latour a par ailleurs annoncé qu’il ne se représenterait pas au Conseil général en décembre 2015, et qu’il serait donc « un sénateur à 100% ».

Sans contester qu’il n’y ait « plus d’accord entre le PS et le PRG en Provence-Alpes-Côte d’Azur » depuis la disparition des radicaux de gauche de l’exécutif de Michel Vauzelle, le député Joël Giraud, président de la fédération PRG des Hautes-Alpes, a souligné que cette candidature aux sénatoriales s’inscrivait dans « une démarche nationale ». « Autant j’ai soutenu les mesures budgétaires proposées par le Premier ministre, autant je conteste cette réforme territoriale », explique M. Giraud. « On assiste à quelque chose qui ressemble beaucoup à la fin de la République décentralisée. Il est ahurissant qu’il n’y ait eu aucune concertation sur la carte des régions. Il faut aussi maintenir le conseil général en zone rurale. C’est une aberration de confier les routes départementales aux régions, on a vu ce que ça pouvait donner lorsque les routes nationales ont été confiées à des directions interrégionales… On ne peut pas tout gérer dans l’éloignement. »

La question des finances locales est le principal sujet de préoccupation de Bernard Allard-Latour. « Nos collectivités sont en péril aujourd’hui », estime le maire de Remollon. « D’ici 2017, les dotations vont encore baisser de 30%. Des pans entiers de nos territoires vont y laisser des plumes. » M. Allard-Latour dénonce également la disparition annoncée des conseils généraux, « qui n’est pas concevable dans nos territoires », et la suppression de la clause de compétence générale : « Comment vont faire un certain nombre de petites communes sans aide du Conseil général ? »

Alors que les réformes en cours « vont nous engager pour des décennies », Bernard Allard-Latour plaide pour l’élection d’un sénateur « de caractère » : « Je n’ai jamais changé d’avis, quel que soit le gouvernement en place. Je ne suis pas à géométrie variable. Je suis un homme courageux, je m’engage à fond. »

Le PRG a proposé un « accord de désistement réciproque » au PS et à EELV

Bernard Allard-Latour est le troisième candidat de gauche dans cette élection, face à Christian Graglia (PS) et Bernard Leterrier (Europe Ecologie-Les Verts). La droite part également désunie, avec la candidature de Jean-Yves Dusserre (UMP) et de Jean-Michel Arnaud (diss. UMP). « Il est tout à fait logique qu’on exprime notre différence », argue Joël Giraud. « Il y a un moment où il faut dire les choses. Ce n’est pas une question de personnes. A droite, c’est une désunion sur les hommes, pas sur les programmes. » Le président du PRG 05 a d’ailleurs écrit à ses homologues du PS et d’EELV afin d’obtenir « un accord de désistement réciproque entre le premier et le deuxième tour au profit du candidat le mieux placé ». Et le député-maire de L’Argentière-la-Bessée d’affirmer que, « la dernière fois (en 2008), il n’a pas manqué une seule voix au second tour au candidat investi par le PS ».